Rendez-vous lundi 15h00 à l’Eldorado, Saint-Pierre-d’Oléron, pour la conférence hebdomadaire, ouverte à tous et suivie du pot de l’amitié, pour poursuivre le débat ou bavarder, en toute convivialité.

Abonnés : gratuit. Adhérents : 5 €. Non adhérents : 7 €

1/2 tarif pour les demandeurs d’emploi

Accès aux personnes à mobilité réduite


18 novembre 2019 — Jean Giono et le pacifisme intégral

Par Nicole Pellegrin

Eugène Martel Portrait de Jean Giono en 1937

Fils d’un cordonnier haut-provençal, Jean Giono (Manosque 1895-1970) a « fait » les Eparges, Verdun, la Somme, le Chemin des Dames… comme radio-télégraphiste au 140e RI (relire les lettres de guerre et le roman Le Grand troupeau, 1931). Il en est revenu « sans avancement, sans décoration, sans avoir tué personne ».

Cette expérience du « bétail humain » nourrit un engagement pacifiste radical et l’ensemble de son œuvre de romancier-conteur (par exemple Un roi sans divertissement,1947) et d’essayiste (Refus d’obéissance,1937, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, 1938 etc…)

Nicole Pellegrin, professeur à l’université de Poitiers et chargée de recherche au CNRS est spécialiste de l’anthropologie historique du XVIe au XIXe siècle.


25 novembre 2019 — Victor Segalen, artiste attentif à la diversité du monde

Par Colette Camelin

Victor Segalen Nouméa 1904

La brève vie de Victor Segalen (1878-1919), médecin de marine, sinologue, archéologue et poète nous intéresse aujourd’hui d’abord par son « attention » à ce qui est « lointain », « divers » et « beau ».

En Polynésie, il imagine la confrontation de l’ancienne civilisation maorie avec le christianisme dans son premier livre Les Immémoriaux. En poste en Chine pendant cinq ans, il apprend le chinois, organise deux « équipées » qui l’ont mené jusqu’aux marches du Tibet. Au cours de la seconde, une mission archéologique, il localise notamment le tumulus de Quin Shi Huangdi où l’on découvrira l‘armée de terre cuite.

Il poursuit son œuvre créatrice en relation avec ses expériences intensément vécues (Stèles, Peintures, Équipée, René Leys).

Mais la guerre brise ce processus : médecin à l’hôpital militaire de Brest et sur le front des Flandres, il affronte les terribles effets de la guerre industrielle sur les corps humains. En tant qu’artiste, il tente de résister aux « destructions » par ses créations, mais, épuisé, il meurt en mai 1919.

Colette Camelin est professeur émérite de Littérature française du 20e siècle à l’Université de Poitiers et présidente de l’Association Victor Segalen.


2 décembre 2019 à 20h30 — Nos ancêtres les migrants

Par Martine Derrier et  Gérard Noiriel, avec les conseils de Michel Quidu

Nos ancêtres les migrants

Cette conférence gesticulée reprend, sous une forme ludique et condensée, les analyses développées par Gérard Noiriel dans son livre sur l’histoire populaire de la France.

Le but est de rappeler que les migrations ont été une dimension essentielle de notre histoire commune, un facteur fondamental dans le progrès des civilisations.
La population française a été constamment renouvelée depuis l’Antiquité par l’arrivée de migrants. Ces nouveaux venus ont souvent été victimes de discriminations, mais ceux qui sont restés ont fini par se fondre dans le « creuset français ».

La conférence accorde aussi une place importante aux bouleversements qui se sont produits au XXe siècle en raison de la « nationalisation » des sociétés : le durcissement des frontières, les papiers d’identité, la montée des discours xénophobes et racistes ont rendu plus difficile la situation des migrants, comme le montre, hélas, notre actualité.

La conférence fait passer des connaissances de façon ludique avec des dialogues, du jeu, des marionnettes, des chansons, l’utilisation d’images d’archives.


9 décembre 2019 — Naissance de l’écriture

Par Christine Darmagnac

Naissance de l'écriture

Née au IVème millénaire avant notre ère, en basse Mésopotamie et quelques siècles plus tard, en Égypte, sous une forme primitive, l’écriture répond d’abord à un besoin de comptabilité. Puis, dans le contexte de l’essor des cités, indissociable du développement de l’administration, de sa hiérarchisation, répondant aux nécessités de la religion, de l’intensification des échanges commerciaux, l’écriture devient l’indispensable moyen de communication. Son évolution conduit à une simplification du système graphique, passant de centaines de signes cunéiformes et hiéroglyphiques aux quelques signes de l’alphabet.

Christine Darmagnac, diplômée de l’école du Louvre et de l’institut d’art et d’archéologie de la Sorbonne, est spécialiste de l’espace méditerranéen et du monde arabo-musulman.


16 décembre 2019 — Le développement durable est-il compatible avec l’économie de marché ?

Par Christian Bouquet

Chrisitan Bouquet

Fruit de la COP21, l’Accord de Paris a été signé en décembre 2015 par 195 États et ratifié par 169 pays représentant 83 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais, si cet accord est presque universel, il n’est toujours pas contraignant et aucune mesure n’est prévue pour obliger les industriels à respecter l’environnement, donc à mettre en place des dispositifs visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En effet, ces mesures risquent de coûter cher et de mettre en danger la compétitivité de certaines entreprises, ou de condamner celles qui exploitent les énergies fossiles. C’est pourquoi un chef d’État comme Donald Trump a décidé de s’affranchir des règles de la COP 21 en juin 2017, allant jusqu’à se montrer sceptique quant à la réalité du réchauffement climatique.

On mesure donc les difficultés qu’il y aura à équilibrer les trois piliers du développement durable tels qu’ils avaient été définis lors du Sommet de Rio en 1992. Le modèle économique qui prévaut actuellement sur l’ensemble de la planète est-il viable au plan environnemental et équitable au plan social ?

Pour contribuer à répondre à cette question, plusieurs exemples choisis dans les contextes africains seront analysés, notamment la sécurisation des terres et l’accès à l’eau potable.

Christian BOUQUET est professeur émérite de géographie politique à l’Université Bordeaux Montaigne et chercheur au laboratoire LAM (Les Afriques dans le Monde) de Sciences Po Bordeaux. Il a créé en 2016 l’atelier de cartographie électorale africaine au LAM de Sciences Po Bordeaux. Il est l’auteur d’une centaine d’articles scientifiques et d’une dizaine d’ouvrages spécialisés dans les questions de géographie du développement et de géopolitique africaine.