Rendez-vous lundi 15h00 à l’Eldorado, Saint-Pierre-d’Oléron,

pour la conférence hebdomadaire, ouverte à tous.

Abonnés : gratuit. Adhérents : 5 €. Non adhérents : 7 €

1/2 tarif pour les demandeurs d’emploi

Accès aux personnes à mobilité réduite

4 octobre 2021 – Effondrement, le pire n’est pas certain

par Catherine Larrère, philosophe, spécialiste de l’éthique de l’environnement

Hausse des températures, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, montée des pollutions et augmentation de la population : les chiffres s’accumulent, et les réponses apportées à ces menaces sont bien faibles, sinon inexistantes.

Pouvons-nous échapper à la catastrophe ? Non, disent les collapsologues, qui affirment que l’effondrement est inéluctable et que nous ne pouvons que nous regrouper en petites communautés pour attendre, du mieux possible, la fin.

Nous voulons montrer que le pire n’est pas certain, que nous vivons dans un monde abîmé, mais dans lequel les possibles sont ouverts, du moment que nous cessons d’être fascinés par la globalité, si nous regardons autour de nous, pour explorer le monde qui est le notre, auquel nous sommes attachés et que nous partageons avec la communauté des vivants.


11 octobre 2021 – Groënland, les Inuit de Siorapaluk

par Jocelyne Ollivier-Henry, ethnographe, seule femme occidentale à séjourner à Siorapaluk, village le plus septentrional du Groenland

Jocelyne Ollivier-Henry, ancien professeur d’éducation physique, fréquente en 1974 l’Université de Montréal et le Centre d’études arctiques, où elle étudie l’ethnologie et la nutrition. En 1979 elle part à la découverte du Groenland. Successivement elle étudie les dialectes, la nourriture traditionnelle, les réactions physiologiques de la femme dans les régions polaires….

Elle a séjourné plus de quinze ans dans le village de Siorapaluk et partage désormais sa vie entre Bretagne et Groenland.

A Siorapaluk, vivent les Inuit du pôle. A 78° de latitude, ce village est le plus septentrional du Groenland, sa population est de 45 habitants.

Jocelyne Ollivier-Henry retrace l’Histoire des Inuit, des premières migrations à nos jours. Ellle évoque au rythme des saisons, la flore, la faune, la vie quotidienne des chasseurs et de leurs familles dans un environnement hostile, la chasse aux mammifères marins, aux oiseaux migrateurs et la pêche à l’omble. La préparation des peaux, la fabrication des vêtements, la nuit polaire, la fête de Noël, les visites autour du thé en attendant le retour du soleil…


18 octobre 2021 – Sydney Bechet :  « La musique, c’est ma vie »

par Jacques Ravenel, saxophoniste de jazz, enseignant

Sidney Bechet, prodige musical, est né en 1897 à La Nouvelle-Orléans d’une famille créole de classe moyenne. Après pas mal de péripéties, dont nous parlera Jacques Ravenel, il décide de s’installer en France en 1949. Il fut l’un des meilleurs représentants du style Nouvelle Orléans et propagateur du Jazz en France dans les années 1950. On pourrait citer beaucoup de ses succès, mais le plus grandiose, mondialement connu, est « Petite Fleur ».

Ce clarinettiste/saxophoniste et chef d’orchestre de Jazz, noir américain, est décédé en 1959 à l’âge de 62 ans. Son fils Daniel n’avait alors que 5 ans. Il est maintenant batteur. Sidney Bechet a joué avec les plus grands dont Duke Ellington, qui pensait que Bechet était « l’homme le plus unique de l’histoire de cette musique« . Musique qu’il préférait d’ailleurs appeler Ragtime que Jazz.

Jacques Ravenel, passionné de Jazz, habitué des festivals et clubs, se propose de nous faire découvrir le parcours artistique, l’œuvre et l’histoire de cet homme qui débuta la clarinette à 6 ans.


8 novembre 2021 – Artistes, mécènes et collectionneurs américains à l’école de Paris

par Jean-Paul Salles, docteur en histoire

Les Américains ont des fleuves majestueux, des paysages grandioses … mais ils n’ont pas de cathédrales, ni d’artistes notables jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ils vont donc se mettre à l’école de l’Europe, envoyant leurs jeunes artistes en formation, à Paris notamment, achetant des œuvres anciennes, parfois des églises entières (exposées aujourd’hui aux Cloisters, ce musée de New York installé sur la rive de l’Hudson). Mais ils firent preuve aussi d’audace, à l’image du Docteur Barnes ou de Gertrude Stein, achetant les œuvres des peintres novateurs, Matisse ou Picasso.

Et bien vite ils eurent leurs peintres, Mary Cassatt par exemple, ou leurs photographes, Alfred Stieglitz. Leurs musées se peuplent peu à peu des œuvres majeures de la modernité comme les Demoiselles d’Avignon, arrivées au Moma (Museum of Modern Art) de New York, à la fin des années 20. Pendant la guerre, ce sont les hommes qu’ils sauvent de la barbarie nazie, André Breton, Max Ernst ou Claude Lévi-Strauss, parmi d’autres.

Le jour des Alliés, Childe Assam


15 novembre 2021 – Darius Milhaud, Le Bœuf sur le toit, cent ans (1920-2020)

par Pierre Cortot, agrégé de lettres modernes et docteur de l’EHESS en sciences du langage (arts et littérature)

Emblématique des années 1920, Le Bœuf sur le toit garde l’atmosphère qui, au lendemain des massacres de la Grande Guerre, a révolutionné tous les domaines artistiques. En 1919, de retour du Brésil où il a séjourné deux ans (en tant que secrétaire de Claudel), Milhaud compose une pièce où la vitalité du carnaval brésilien s’exprime dans un langage nouveau.

Il avait d’abord pensé que cette partition accompagnerait les films de Charlie Chaplin, mais l’intervention de Jean Cocteau va la transformer en un ballet-pantomime fantaisiste, bouleversant toutes les conventions, où collaborent, outre Cocteau (en tant que scénariste et metteur en scène), Dufy et les clowns Fratellini.

La pièce (samba carnavalesque, dixit Milhaud), construite en forme de rondo, et qui porte comme titre le thème d’une rengaine brésilienne, est présentée au public en 1920.


22 novembre 2021 – France Bloch-Sérazin (1913-1943) dans la résistance parisienne

par Alain Quella-Villéger, agrégé d’histoire, docteur en histoire contemporaine

France Bloch-Sérazin, fille de l’écrivain poitevin Jean-Richard Bloch, s’engagea tôt dans le combat résistant (réseau Losserand, XIVe arrondissement), notamment comme chimiste chargée de la fabrication d’explosifs.

Arrêtée à Paris en mai 1942, elle fut condamnée à mort et guillotinée par les Nazis à Hambourg le 12 février 1943.

Trente ans de vie seulement, mais une existence passionnée et courageuse, une figure d’Antigone qui accomplit l’exceptionnel avec détermination et simplicité et permet de mettre en relief la participation active des femmes à la Résistance.

 


29 novembre 2021 – Des enfants dans la Première Guerre Mondiale

par Manon Pignot, maîtresse de conférences à l’Université de Picardie, membre du Centre de recherches de l’Historial de la Grande Guerre

Manon Pignot est l’auteur de L’appel de la guerre : des adolescents au combat, 1914-1918, livre qui a reçu en 2019, entre autres, le prix Augustin Thierry des Rendez-vous de l’histoire de Blois.

Elle nous parlera de ces jeunes français, américains, russes, allemands ou anglais nés entre 1899 et 1904, qui se sont engagés dans la guerre, souvent camouflés, du fait du caractère illicite de leur présence au sein des armées régulières. Elle interrogera les raisons comme les modalités de l’engagement de ces adolescents, les obstacles qu’ils ont dû surmonter et la manière, s’ils ont survécu, dont cette expérience les a marqués.

Patriotisme, transgression et filiation, désir d’aventure et désir de guerre… C’est une histoire délicate. A l’heure où l’Europe a vu un certain nombre d’adolescents tenter de rejoindre d’autres lieux de conflit, ces parcours anciens peuvent nous permettre d’approcher et d’éclairer peut-être une réalité qui nous échappe.


6 décembre 2021 – La Commune : passé / présent

par Ludivine Bantigny, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Rouen, chercheuse au Centre d’histoire de Sciences Po

« Le spectre de Mai parlera ». Ce sont les mots de Louise Michel, ceux d’Eugène Vermersch, ceux que tous deux ont brandis pour évoquer la Commune sans cesse surgie hors de méandres de l’oubli. « Tous ces braves au cœur tendre que Versailles appelait des bandits, leur cendre est à tous vents, les os furent rongés par la chaux vive ; ils sont la Commune, ils sont le spectre de mai ! », écrit Louise Michel.

Et de fait, la Commune de Paris revient comme un fantôme de l’histoire hantant le présent, à intervalles réguliers. Après avoir été longtemps enfouie, presque oubliée, regardée comme archaïque ou du moins anachronique, la référence resurgit avec vivacité. Cette conférence en racontera les grands enjeux, son espoir de « changer la vie » selon les mots de Rimbaud : émancipation, rôle de l’éducation, place cruciale des femmes, volonté d’en finir avec l’exploitation, modification radicale des conditions de travail, coopératives, mutuellisme et solidarités.

Cette révolution populaire finit dans la terrible répression que l’on sait, un massacre comme on n’en avait jamais vu de tel à Paris. Mais il s’agira aussi de montrer la Commune vivante encore aujourd’hui, sa référence toujours mobilisée et les projets qu’elle continue d’inspirer.


13 décembre 2021 – La Question kurde

par Christine Darmagnac, diplômée de l’École du Louvre et de l’Institut d’art et d’archéologie de la Sorbonne, spécialiste de l’espace méditerranéen et du monde arabo-musulman

Qui sont les Kurdes ?

Un peuple à cheval sur le Proche et Moyen-Orient, en quête de reconnaissance identitaire et territoriale, de la part de puissances nationales et internationales.

Qu’est-ce que la Question kurde ?

Elle concerne un ensemble d’actions engagées par le peuple kurde dans le but d’obtenir une reconnaissance identitaire et étatique, dans un contexte géographique ciblé [Proche et Moyen- Orient] et un contexte historique étendu : née au XIXe siècle, elle reste au XXIe d’actualité. Ce sentiment identitaire, qui remonte au XVIe siècle, s’est renforcé au début du XXe en réaction à la politique pan-turquiste des Jeunes Turcs en 1908, puis celle de Moustafa Kemal dans les décennies suivantes. Dès cette époque, les Kurdes ont souffert de discriminations, de répressions, de massacres et de déportations. Plusieurs groupes de résistance allaient voir le jour, issus pour l’essentiel du PKK.

La Question kurde a connu une succession de revers dus aux nombreuses promesses non tenues de différentes puissances, dont la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Irak, l’Iran, les USA…Néanmoins, en 1991, les Kurdes d’Irak obtinrent la création du Kurdistan autonome irakien.

En 2014, elle a, malgré elle, retrouvé le devant de la scène géopolitique moyen-orientale à partir de la montée en puissance de l’Organisation de l’Etat Islamique, face à laquelle le peuple kurde s’est affirmé comme le principal opposant.