Rendez-vous lundi 15h00 à l’Eldorado, Saint-Pierre-d’Oléron, pour la conférence hebdomadaire, ouverte à tous et suivie du pot de l’amitié, pour poursuivre le débat ou bavarder, en toute convivialité.

Abonnés : gratuit. Adhérents : 5 €. Non adhérents : 7 €

1/2 tarif pour les demandeurs d’emploi

Accès aux personnes à mobilité réduite

1er octobre 2018 — Création de la Ve République

Par Jean-Louis Debré, Ancien ministre de l’intérieur, ancien Président du Conseil Constitutionnel

Jean-Louis DebréEn cette année anniversaire de la création de la 5e République, il nous a semblé opportun d’effectuer un retour en arrière afin de  replonger dans le contexte de l’époque qui a présidé à la rédaction de la nouvelle Constitution confiée par le général de Gaulle à Michel Debré.

L’UTL s’est donc tout naturellement adressée à son fils Jean-Louis Debré pour évoquer ces moments forts de la vie politique de la France de 1958.

Mais l’on sait que Jean-Louis Debré dont la carrière politique l’a notamment amené à des sièges de ministre ou encore de président du Conseil Constitutionnel, avec sa verve habituelle, nous contera quelques anecdotes de la vie politique de ces quarante dernières années.

 


8 octobre 2018 — Alexandra Kollontaï, ( 1872-1952), une grande femme politique méconnue

Par Marie-France Boireau

Alexandra KollontaïLe nom d’Alexandra Kollontaï est fort oublié aujourd’hui. Pourtant, au début du XXè siècle, dans la Russie soviétique, elle fut tout à la fois adulée et calomniée. Sa grande beauté, son élégance, sa vie de femme libre ne correspondaient guère à l’idée que l’on se faisait d’une révolutionnaire.

Issue d’un milieu aristocratique, elle s’est très tôt vouée à la cause révolutionnaire ; participant activement à la Révolution d’octobre 1917, elle devient ministre de Lénine, première femme ministre au monde, commissaire du peuple à la Sécurité sociale. Elle fait alors voter des lois en faveur des femmes : accès à l’éducation, droit au divorce par consentement mutuel, droit à l’avortement etc… Après la mort de Lénine, Staline, qui se méfiait de sa grande popularité, l’éloigne de Moscou en la nommant ambassadrice en Norvège.

Dans les années 70, quand le féminisme est au plus fort en France, on se souvient d’elle et ses textes sont publiés en français.

C’est à l’évocation de cette femme exceptionnelle, dont bien des combats en faveur de femmes sont encore d’actualité, que Marie-France Boireau vous convie.


15 octobre 2018 — 1968 ou comment changer la vie ?

Par Ludivine Bantigny

Ludivine BantignyL’événement 1968 est pétri de projets et d’inventivité, par tout ce qui a été imaginé de grand et de petit pour réellement « changer la vie » – on n’oubliera pas que ces mots étaient de Rimbaud. Faut-il parler de révolution ?

L’espérance révolutionnaire irrigue en tout cas la grève avec occupations en bien des lieux, comités de quartier et comités d’action, rassemblements et assemblées. Les projets d’émancipation conçus à la faveur de ce temps en suspens expriment la société telle qu’elle est et proposent l’esquisse d’un monde différent : parfois avec humilité, par les visées modestes d’une réforme quotidienne ; parfois avec exaltation, dans l’ambition et la passion révolutionnaires.

Il importe d’y voir des utopies concrètes, lieux de pratique et de pensée perçus comme différents mais possibles, accessibles et non pas lunaires, toujours évoqués en partant du présent. Le rêve et la grève s’avèrent complémentaires ; ils activent une créativité politique et critique.


5 novembre 2018 — La transgression, modèle économique alternatif pour les pays pauvres ?

Par Christian Bouquet, professeur émérite de géographie politique à l’Université Bordeaux Montaigne, et chercheur à LAM (Sciences Po Bordeaux), spécialisé dans la géographie politique et dans l’étude des rapports entre la mondialisation et la pauvreté.

Christian BouquetPlus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour, dont près de 400 millions en Afrique. Comment peut-on survivre dans ces conditions ? Beaucoup choisissent de partir ailleurs, vers un eldorado imaginaire. D’autres restent et ne parviennent à s’en sortir qu’en recourant à des activités illicites : culture de plantes psychotropes, extraction illégale de pierres précieuses ou de minerais, contrefaçon, trafics divers.

Ces activités transgressives sont adossées à une corruption largement répandue et inévitable : pour un dollar de plus, nombreux sont ceux qui acceptent de contourner la loi, surtout quand elle n’est que mollement appliquée. Mais cette forme d’économie informelle représente en moyenne 70 %, et parfois beaucoup plus, du produit intérieur brut des pays pauvres.

Il s’agit donc d’un véritable « modèle alternatif », que les économistes comprennent mal et n’admettent pas. Mais n’est-il pas déjà en train de tracer son chemin dans les pays riches ?

Christian Bouquet est l’auteur d’une centaine d’articles scientifiques et d’une dizaine d’ouvrages spécialisés dans les questions de géographie du développement et de géopolitique africaine. Ses publications les plus récentes :

http://www.lam.sciencespobordeaux.fr/users/christian-bouquet


12 novembre 2018 — L’hyperpuissance de l’informatique

Par Gérard Berry, professeur au Collège de France, membre de l’Académie des sciences.

hyperpuissance informatiqueCette conférence sera vraiment pour tout public même si notre conférencier est l’un des plus éminents spécialistes de la science informatique. En effet, c’est à tous les publics qu’il sait faire passer les idées qu’il développe, comme par exemple quand il s’adresse à des enfants d’une école Montessori.

Gérard Berry montre que c’est à un nouveau schéma mental, bien différent de celui des siècles précédents, que nous conduisent « algorithmes, données, machines et réseaux ». Il analyse en particulier les deux dangers que sont les « bugs » et les « trous de sécurité » et montre comment la science moderne permet de mieux les contrôler.


19 novembre 2018 — Les violences contre les femmes : on en parle, mais qu’en est-il ?

Conférencière : Maryse Jaspard

Maryse JaspardLe récent mouvement mondial de libération de la parole des femmes pour dénoncer les violences qu’elles subissent a surpris le plus grand nombre. Ce phénomène semble faire  consensus et apparait dorénavant comme irréversible. Cette forme de reconnaissance des violences contre les femmes est un élément majeur de la lutte pour l’égalité femmes/hommes.

Mais il s’agit moins d’une révolution des mentalités que d’une évolution lente qui, arrivée à maturation a eu pour catalyseur l’affaire Weinstein. En France, la prise en compte des violences contre les femmes en tant que problème de société s’est consolidée au cours des 20 dernières années. Mais que recouvre le concept de violences contre les femmes ? Comment identifier les formes de violence ? Quelle est leur ampleur ? Qui sont les victimes ? Qui sont les agresseurs ? Quelles réponses ont déjà été apportées par les pouvoirs publics ?

L’analyse sociologique du phénomène permet de déconstruire les idées reçues et lever les tabous. L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff 2000) a répondu à cette nécessité ; elle est encore la source principale de l’étude sociologique de ces violences.


26 novembre  2018 — A la droite de Dieu

Conférencier : Jérôme Fourquet

Manif pour tousManif pour tous, Sens commun, PMA, crise migratoire, visibilité de l’islam, chrétiens d’Orient, etc : les “cathos” seraient-ils de retour en politique ? Qui sont toutefois ces femmes et ces hommes dont on parle tant sans jamais les définir ? D’où viennent-ils, que disent-ils, quels sont leurs combats et quel sens confèrent-ils à la défense de leurs valeurs ?

C’est en spécialiste et analyste de l’opinion, sondages, études et statistiques à l’appui, que Jérôme Fourquet répond à cette question.

Historien et politologue, directeur du Département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP, il est l’auteur de plusieurs livres qui composent une somme sur l’état de la société française dont À la droite de Dieu… (Edit. du Cerf 2018) qui traite du raidissement des catholiques français ces dernières années.


3 décembre 2018 — La route de la soie, Cités caravanières d’Asie Centrale

Par Gaël de Gravelore

SamarkandL’Ouzbékistan, oasis au cœur de la steppe et relais sur les routes de la soie, garde le souvenir des grands conquérants nomades de l’Asie centrale, Gengis Khan et Tamerlan.

Fondateurs de vastes empires, ils furent contemporains d’une culture islamique riche en syncrétismes issue des mondes iranien, indien, turc et mongol.

A travers les sites de Samarkand, cité de Turquoise, Boukhara, la « noble », au carrefour des routes caravanières, et Tachkent, l’une des plus anciennes villes de l’Asie centrale devenue le cœur vivant de la culture ouzbek, cette conférence évoquera l’histoire et les arts de cette région aimée des orientalistes.


10 décembre 2018 —  Un génie nommé Chaplin

Par Yves Pedrono

CharlotCharles Spencer Chaplin dit Charlie Chaplin, est né à Londres, et mort en Suisse. Acteur, réalisateur, scénariste, producteur, compositeur, il devint une idole du cinéma muet grâce à son personnage de Charlot, qu’il abandonnera en 1947. En 65 ans de carrière il comptabilise 80 films.

Son jeu d’acteur montre un talent extraordinaire mais il fut également un génie comme le montre son film « Le Dictateur », conçu en 1938 dans un contexte international où Hitler jouissait d’une opinion très favorable. Il y fait montre d’une exceptionnelle lucidité en soulignant les aspects pathologiques et/ou cauchemardesques de la personnalité du Führer.

Il annonça le péril et, comme bon nombre de génies, fut incompris, s’exposant ainsi à des critiques.

Cette conférence nous est proposée par Yves Pedrono, professeur en philosophie, docteur en science de l’éducation.


 17 décembre 2018 —  Caravage à Rome, amis et ennemis

Par Fabrice Conan

Un artiste hors-du-commun au cœur de la scène artistique romaine.
CaravageNé en 1571, Michelangelo Merisi, dit Caravage, va révolutionner la peinture italienne du XVIIe siècle par le réalisme de ses toiles et par son usage novateur du clair-obscur, et devenir le plus grand peintre naturaliste de son temps.
Caravage métamorphose les codes de la peinture en présentant des personnages « vrais » issus des bas-fonds de Rome, des visages typés, marqués, et des attitudes au réalisme cru. Apprécié par les élites et adulé par certains grands collectionneurs, il reçoit de brillantes commandes mais  n’a pas que des amis dans la ville éternelle. Et c’est particulièrement auprès de certains peintres que l’on trouve ses plus acharnés opposants.

Caravage, qui ne voulait pas être imité et qui le fut pourtant malgré lui, s’est parfois opposé à ses contemporains, à l’occasion de discussions, de rixes, et même de procès.
Au cours de l’une de ces rixes en 1606,  Caravage tue Ranuccio Tomassoni, ce seront alors ses  derniers jours à Rome. Condamné à mort à la suite de cette rixe fatale, Caravage est contraint à l’exil et meurt en 1610, sans avoir pu regagner Rome.

Pour évoquer ce personnage haut en couleur il nous fallait un conférencier de haut niveau.
Après nous avoir fait découvrir Versailles, Venise et New York, Fabrice Conan va nous accompagner dans la Rome du XVIIème siècle à la rencontre de Caravage.